Déclaration de Doha
Préambule
Réaffirmant que la famille est l’élément naturel et fondamental de la société,
comme il est déclaré au paragraphe 3 de l’article 16 de la Déclaration universelle
des droits de l’homme;
Notant que 2004 marque le dixième anniversaire de l’Année internationale de
la famille (1994) proclamée par l’Organisation des Nations Unies et que
l’Assemblée générale des Nations Unies s’est félicitée de la tenue de la Conférence
internationale de la famille à Doha dans sa résolution 58/15 du 3 décembre 2003;
Consciente du fait que les objectifs du dixième anniversaire de l’Année
internationale de la famille sont notamment a) d’oeuvrer au renforcement de la
capacité des institutions nationales de formuler, d’appliquer et de suivre l’exécution
des politiques concernant les familles; b) de stimuler les efforts visant à répondre
aux problèmes qui influent sur la situation des familles et sont influencés par cette
situation; c) d’entreprendre des études analytiques à tous les niveaux et des
évaluations de la situation et des besoins des familles; d) de rendre plus efficaces les
efforts déployés à tous les niveaux pour exécuter des programmes concernant
spécifiquement les familles; et e) d’améliorer la collaboration entre les organisations
non gouvernementales nationales et internationales à l’appui des familles;
Prenant en considération les conclusions d’ordre théorique, scientifique et
social rassemblées par la Conférence internationale de Doha, dont il ressort
collectivement que la famille n’est pas seulement l’élément fondamental de la société mais aussi l’agent fondamental du développement social, économique et
culturel durable;
Reconnaissant la nécessité de faire face aux problèmes auxquels est confrontée
la famille dans le contexte de la mondialisation;
Consciente du fait que le renforcement de la famille présente une occasion
exceptionnelle d’aborder les problèmes de la société de façon globale;
Réaffirmant que des familles solides et stables contribuent au maintien d’une
culture de paix et à la promotion du dialogue entre les civilisations et entre les
différents groupes ethniques;
Accueillant avec satisfaction l’annonce faite par S. A. Sheikha Moza bint
Al-Missned, épouse de S. A. l’Émir du Qatar et Présidente du Conseil suprême des
affaires familiales de l’État du Qatar concernant la création d’un institut national
d’étude de la famille.
À cet égard, nous réaffirmons les engagements internationaux en faveur de la
famille et appelons tous les gouvernements, organisations internationales et
membres de la société civile à tous les niveaux à prendre des mesures pour protéger
la famille.
Réaffirmation des engagements en faveur de la famille
Nous réaffirmons les engagements internationaux en faveur de la famille et, en
particulier :
- Nous nous engageons à valoriser et à renforcer les rôles de soutien,
d’éducation et de protection de la famille, dans le plein respect des différentes
valeurs culturelles, religieuses, morales et sociales qui existent dans le monde;
- Nous reconnaissons la dignité inhérente à tous les êtres humains et notons que
les enfants, en raison de leur immaturité physique et mentale, ont besoin d’une
protection et de soins particuliers avant et après la naissance. La maternité et
l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Chacun a droit à la vie, à
la liberté et à la sûreté de sa personne;
- Nous réaffirmons que la famille est l’élément naturel et fondamental de la
société et a droit à toute la protection et à toute l’assistance possibles de la part de la
société et de l’État;
- Nous soulignons que le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein
consentement des futurs époux, que le droit des hommes et des femmes nubiles de
se marier et de fonder une famille doit être reconnu et que le mari et la femme sont
des partenaires égaux entre eux;
- Nous soulignons aussi que la famille est responsable au premier chef d’élever
et de protéger les enfants, de la petite enfance à l’adolescence. Pour pouvoir se
développer pleinement et harmonieusement, les enfants doivent grandir dans un
environnement familial et dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension.
Toutes les institutions de la société doivent respecter et soutenir les efforts que font
les parents pour élever leurs enfants et prendre soin d’eux dans un environnement
familial. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le type d’éducation qu’ils souhaitent pour leurs enfants; ils ont la liberté de donner à leurs enfants une
éducation religieuse et morale conforme à leurs propres convictions.
Appel à l’action
Compte tenu des engagements susmentionnés, nous demandons à tous les
gouvernements, organisations internationales et membres de la société civile, à tous
les niveaux, de :
Valeurs culturelles, religieuses et sociales
- Mettre au point des programmes propres à stimuler et encourager la
concertation entre les pays, religions, cultures et civilisations au sujet de la vie
familiale, et notamment de mesures visant à préserver et défendre l’institution du
mariage;
- Réaffirmer l’importance de la foi et des convictions religieuses et éthiques
pour le maintien de la stabilité familiale et le progrès social;
- Évaluer et réexaminer dans quelle mesure le droit international et les
politiques internationales sont conformes aux principes et dispositions relatifs à la
famille figurant dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et d’autres
textes énonçant des engagements internationaux;
Dignité humaine
- Réaffirmer l’engagement d’offrir un enseignement de qualité à tous et
d’assurer l’égalité d’accès à l’enseignement;
- Évaluer et réexaminer les politiques des pouvoirs publics pour veiller à ce que
la dignité inhérente à tous les êtres humains soit reconnue et protégée à toutes les
étapes de la vie;
Famille
- Mettre au point des indicateurs pour évaluer l’effet de tous les programmes en
faveur de la stabilité de la famille;
- Renforcer les politiques et les programmes susceptibles d’aider les familles à
échapper au cycle de la pauvreté;
- Evaluer et réexaminer les politiques des pouvoirs publics en matière de
population, en particulier dans les pays où le taux de natalité est inférieur au taux de
remplacement;
- Encourager les familles à prendre soin des personnes âgées et des handicapés,
et les soutenir dans cette tâche;
- Aider les familles à faire face au sida et aux autres maladies pandémiques,
notamment le paludisme et la tuberculose;
- Prendre des mesures efficaces pour soutenir les familles en tant de paix comme
de guerre;
Mariage
- Maintenir, préserver et défendre l’institution du mariage;
- Prendre des mesures efficaces pour renforcer la stabilité du mariage,
notamment en préconisant un partenariat à part entière entre le mari et la femme,
égaux entre eux, dans le cadre d’une relation conjugale fondée sur l’engagement et
la durée;
- Mettre en place des règles et des dispositifs effectifs pour que les mauvais
traitements dans le couple et dans la famille soient condamnés et pour qu’il soit
remédié au problème, moyennant notamment la création d’organismes publics
chargés d’aider les hommes, les femmes, les enfants et les familles en cas de crise;
Parents et enfants
- Redoubler d’efforts pour que les femmes aient les mêmes chances que les
hommes sur les plans politique, économique et social, et dans le domaine de
l’éducation, et évaluer et examiner les politiques économiques, sociales et autres
visant à aider les mères et les pères à s’acquitter de leurs rôles essentiels;
- Favoriser le bon fonctionnement de la famille en associant les mères et les
pères à l’enseignement dispensé à leurs enfants;
- Réaffirmer que les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre
d’éducation à donner à leurs enfants;
- Réaffirmer et respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs, de
choisir pour leurs enfants des écoles autres que celles qui sont établies par les
pouvoirs publics, pour autant qu’elles répondent aux normes minimales
d’enseignement arrêtées ou approuvées par l’État, et de donner à leurs enfants une
éducation religieuse et morale conforme à leurs propres convictions.
Nous demandons au pays hôte de la Conférence, l’État du Qatar, d’informer
l’Assemblée générale des Nations Unies des travaux de la Conférence, y compris de
l’adoption de la Déclaration de Doha, en particulier à l’occasion de la célébration du
dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille, le 6 décembre 2004.